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:: Franck Multon

Franck Multon nous fait l'honneur d'une interview après les olympiades d'Istanbul :

Question : Peux-tu te présenter?

Franck : Je suis né le 30 septembre 1964, je suis marié et j'ai une fille, Laura, de quatorze ans. Je gère le club le Colonial de Nice.

Question : Tes débuts au bridge?

Franck : Dès l'âge de cinq ans, j'assistais aux parties de bridge de mon père, mais c'est à quinze ans que j'ai commencé à jouer sérieusement. J'ai d'ailleurs gagné la Coupe de France avec lui. J'ai laissé de côté les études assez vite pour commencer à travailler au BCCA à l'âge de 20 ans. Ce club grandit rapidement lors de mon passage avant que je rejoigne d'autres clubs.

Question : L'élimination à Istanbul: répétition de gaffes ou malchance?

Franck : Sur la donne 29, mon choix d'ouverture est le même que celui du représentant italien ou de celui des Etats-Unis, ce qui est une référence. Et cela nous a tous empêché d'atteindre le chelem. Mais peut-être qu'au lieu de conclure à quatre coeurs, fallait-il faire une redemande à quatre trèfles, ce qui ne décrivait pas non plus exactement la main. Nos adversaires hongrois, après l'ouverture d'un trèfle fort, parvinrent, eux, au chelem. Sur la dernière donne, il est certain que la redemande à deux sans-atout est fautive: deux carreaux était correct. Tout ceci avait suivi un segment des hongrois où ils avaient été incroyablement chanceux. Dans l'ensemble, notre prestation a été correcte, bien meilleure qu'en Suède. Le problème est que l'élimination est survenue alors que l'équipe était en phase ascendante.

Question : Et la formule de la Sélection, qu'en penses-tu?

Franck : Il faut créer un véritable Club France avec un noyau dur de cinq paires. Auxquelles se joindront trois autres paires issues de qualifications ouvertes, afin de maintenir l'émulation. Puis, les trois paires qualifiées se verront désigner par une compétition sérieuse au niveau national et international, les trois dernières étant éliminées et repartant l'année suivante à zéro. Cela obligerait aussi les paires à maintenir leur association d'une année sur l'autre, sous peine de devoir redémarrer la Sélection à son point de départ. C'est le meilleur moyen de travailler dans la continuité et d'assurer un entraînement digne de ce nom. A ce niveau-là, la fédération a beaucoup à faire, comme offrir une véritable reconnaissance à son élite. Pour l'heure, on privilégie l'aspect "démocratique" au détriment d'un nécessaire élitisme.

Question : Un problème bien français. Une autre idée reçue dans la presse bridgesque consiste à dénoncer le système d'enchères français. Qu'en dis-tu?

Franck : C'est stupide ! Contre les équipes faibles, un système sophistiqué peut créer des écarts, mais à quoi bon? Contre les équipes les plus fortes, lors de matches longs et éprouvants, il vaut mieux éviter les séquences trop compliquées. D'ailleurs, Bocchi et Duboin reviennent progressivement à des systèmes plus naturels. La mise au point d'un système est un travail à l'intérieur de la paire avant tout.

Question : Les compétitions mixtes ne semblent pas tellement t'intéresser?

Franck : Si, ma partenaire est Sylvie Dumon. Mais il est vrai que je suis amené à jouer souvent avec un sponsor, ce qui limite les occasions de jouer ce genre de compétition.

Question : Tu as eu deux partenaires prestigieux en la personne d'Hervé Mouiel et de Christian Mari. Pourquoi la séparation?

Franck : La fédération ne nous apportant pas d'aide financière, Hervé et Christian ont dû consacrer uen bonne partie de leur activité aux tournois sponsorisés. Quant à Christian Mari plus particulièrement, sa réputation de partenaire difficile n'est pas usurpée.

Question : Ton meilleur souvenir?

Franck : La double victoire à Rhodes en 1996 et à la Bemuda Bowl qui a suivi. Mais l'équipe actuelle n'est pas forcément plus faible et, je le répète, sa dernière prestation a été plutôt satisfaisante.

Question : Je me souviens aussi d'une excellente prestation au Par Contest de Lille en 1998. Avec une donne que tu m'avais racontée et que tu avais traité brillamment et plus vite que tout le monde.

Franck : Cette compétition a cessé avec le décès de Pietro Bernasconi et il est difficile de renouveler indéfiniment des problèmes de jeu de la carte. Mais il est vrai que j'avais obtenu une bonne douzième place dans ce tournoi gagné par le spécialiste Michael Rosenberg.

Question : Le bridge sur Internet?

Franck : Je le pratique peu. Avec mon partenaire Jean-Christophe Quantin, en dépit de l'éloignement géographique, la mise au point a été bonne. Mon pseudo sur BBO est Mido.

Question : A cause de l'OM ! Et l'avenir?

Franck : Au bridge, quarante ans est l'âge de la plénitude. On commence à décliner entre quarante et cinquante ans, mais ceci reste compensé par l'expérience. Après cinquante ans...