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:: A la Brasserie des deux moulins

A la Brasserie des deux moulins, les clients sont partis et la partie de bridge va pouvoir commencer. Il y a là Aurélie Moulain, la serveuse.
Elle aime bien casser la croûte des crèmes brûlées. Elle n’aime pas qu’on s’en prenne à son partenaire préféré.

C’est Lucien, le commis, pas très futé mais si gentil. Il aime bien ranger les bidding-boxes après les tournois mais il n’aime pas se faire enguirlander par Collignon quand il a chuté un coup sur table, ce qui lui arrive souvent, il est vrai. Il y a aussi Collignon, l’épicier : bête et méchant, il aime torturer ses partenaires de bridge, surtout Lucien.
Il n’aime pas quand Aurélie prend sa défense. Enfin Monsieur Dufayel, ancien contrôleur du métro : il aime faire des trous dans les cartes avec sa poinçonneuse, il n’aime pas qu’on le traite de gâteux.

  Collignon
S DV2
H 7654
D V2
C ARV9
Lucien
S -
H V1098
D ARD107
C D1032
[W - E]
Dufayel
S 10987654
H -
D 5
C 87654
  Aurélie
S AR3
H ARD32
D 98643
C -

Collignon ouvre d’un trèfle, Dufayel commet l’une de ses interventions habituelles à trois piques et Aurélie déclare trois sans-atout, que Lucien s’empresse de contrer. Il entame de l’As de carreau et poursuit du Roi et … du Valet de cœur. Mais à sa mine cramoisie, tous ont deviné qu’il avait mis le Valet de cœur dans les carreaux et qu’il se croyait à la tête de cinq levées, ce qui pour une fois, aurait légitimé son contre.

Collignon : Il est aussi stupide qu’un artichaut !
Aurélie : Les artichauts ont un cœur, eux…
Dufayel : Reprenez votre carte, Lucien !

Mais Collignon restant intraitable, Lucien doit jouer son Valet de cœur. Aurélie fait à contrecœur la levée. Mais pour venger le malheureux Lucien, elle conçoit le frauduleux dessein de tout mettre en œuvre pour chuter le contrat. Cela semble difficile, car avec les cœurs, elle croit être à la tête de dix levées. En effet, excédée par l’attitude de Collignon, elle n’a pas vu Est défausser sur le Valet de cœur. Elle tire encore deux cœurs maîtres. Entre-temps, Dufayel dont les défausses n’intéressent personne s’est séparé de trois piques et d’un trèfle.

C’est alors qu’Aurélie, poursuivant son plan suicidaire, tire l’As et le Roi de pique sur lesquels elle fournit la Dame…et le Valet du mort. Et à présent elle remet Est en main à pique. Celui-ci commençait déjà à s’assoupir mais il lui faut tout de même faire la levée. Ouest a jeté ses carreaux maîtres pendant ce temps-là puisque Sud ne sera plus jamais en main.

  Collignon
S -
H 7
D -
C ARV9
Lucien
S -
H 10
D -
C D1032
[W - E]
Dufayel
S 10
H -
D -
C 8765
  Aurélie
S -
H 32
D 986
C -

Est poursuit du dix de pique soumettant Ouest à un squeeze fratricide. Ce dernier jette un trèfle et Aurélie, qui s’est déjà débarrassée d’une de ses dix levées gagnantes, en lâche une autre : ce sept de cœur qui paraît affranchi depuis longtemps. A présent, Est porte le mort à trèfle et Aurélie doit, malgré ses efforts pour chuter, gagner son contrat.

Aurélie Monsieur Dufayel, vous avez percé mon dessein à jour : vous auriez pu me faire chuter en refusant d’encaisser le dernier pique et en rejouant trèfle…

Dufayel : Mais non mon petit, une fois au mort, vous auriez alors remis Lucien en main à cœur pour qu’il vous rejoue trèfle…
Collignon : Un contrat à l’épreuve des imbéciles et même de Lucien !
Lucien : Collignon, tête d’oignon, Collignon tête à gnons !